L’autre face

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L’AUTRE FACE 

Artiste : Elizabeth Roy

Du 8 janvier au 25 février 2016

Vernissage le  jeudi 8 janvier dès 17 h

Dans la Galerie du CCFM, gratuit

 

INTRODUCTION : L’AUTRE FACE

Les oeuvres d’Elizabeth Roy mettent l’accent sur le faire. En tant que créatrice, elle se définit comme une artiste à deux mains et son intention est de rendre visible et apparent le processus de
construction. Elle bouleverse la hiérarchie conventionnelle des médiums associés à la sculpture en utilisant des matériaux qui sont souvent liés à l’artisanat et en jouant avec la proportion des formes. Elle brouille ainsi les distinctions entre l’art et l’artisanat. Son travail met en lumière la domesticité et met à l’épreuve nos perceptions traditionnelles de la sculpture.

L’autre face se déplace entre des œuvres à deux et à trois dimensions. L’importance du travail est mise en évidence dans les deux et l’effort soutenu des gestes répétitifs nécessaires au processus de construction rend visible ce qui est souvent tenu pour acquis et invisible. Les images sont enfouies dans le papier et le travail est caché dans l’objet.

 

BIOGRAPHIE : ELIZABETH ROY

Dans son travail, Elizabeth Roy explore diverses disciplines traditionnelles et utilise divers supports, dont les installations, la sculpture, l’imprimé, les textiles et l’art public. Dans son approche, elle a toujours présenté des situations qui font référence aux thèmes de la vie, des espaces sociaux, de l’urbanisme et, récemment, de l’idée du travail invisible et du rang hiérarchique contesté de l’artisanat et de l’art.

Ses œuvres publiques réalisées sur commande se trouvent surtout dans le Lower Mainland, en Colombie Britannique, et à différents lieux à Vancouver Nord, Richmond, Surrey et Vancouver. Le documentaire Art in the Streets réalisé en 2000 par Anne Muir parle d’Elizabeth et examine la dynamique de l’art public dans le paysage urbain. Ses projets s’articulent autour de la découverte de matériaux, d’images ou de l’histoire des habitants locaux et mettent en évidence des liens solides avec son milieu social.

Mme Roy est titulaire d’une maîtrise en beaux arts de la Cranbrook Academy of Art de Détroit, au Michigan. Ses œuvres ont été exposées aux États Unis, en Europe et au Canada. En 2009, la Ville de Vancouver Nord lui remettait le Public Art Recognition Award. En 2014, le Manitoba Craft Council lui remettait le Judith Ryan Memorial Award. Elle enseigne présentement à l’école des beaux arts de l’Université du Manitoba.

 

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Mon travail porte principalement sur les interrelations entre la fabrication du papier, les matières textiles et les objets tridimensionnels appropriés, et sur la façon dont ces interrelations coexistent dans le lieu d’exposition. Pour mon exposition solo L’autre face j’ai utilisé du papier filigrané fait à la main installé sous forme de grandes pièces murales, plusieurs pièces sculpturales, du feutre, du lin brodé et des moules de couturière.

Cette nouvelle œuvre a commencé en Islande au cours d’un stage d’artiste de deux mois consacré à l’étude des lainages, de la tapisserie, de la broderie et des textiles de la région. Durant mon séjour là bas j’ai constaté comment la main d’œuvre nécessaire à la production de ces moules, vus sous l’angle d’une gamme de pratiques culturelles traditionnelles, fait que le travail demeure « invisible », « imperceptible » ou « non reconnu ».

Les œuvres qui en résultent, qui exigent des heures de préparation et de séquencement pour parvenir au résultat souhaité, ne montrent aucune trace de ces étapes. Il m’est apparu évident que tout ce travail d’artisanat est, en soi, un procédé visant précisément à en faire quelque chose d’invisible.

Motivée à la fois par mon intérêt pour le travail des femmes et par ce travail artisanal exigeant en main d’œuvre, j’ai commencé à établir des liens avec mon propre « travail ».

L’œuvre présentée dans cette exposition est une prise de position par rapport aux idées et aux suppositions relatives aux pratiques artisanales qui en sont le point de départ. Elle incarne aussi une démarche subtile qui se compose de longues chaînes d’événements. Mon insistance à m’approprier les outils artisanaux dénote de multiples conditions : le travail des femmes, leurs conditions de travail les rendent, elles et leur travail, invisibles; sur le plan de l’expression physique, la taille et l’échelle réduites sont le signe d’une relation qui a changé.

Ce que je vise à travers l’exposition actuelle L’autre face c’est l’élaboration de stratégies mettant en lumière ces dimensions « cachées» et « invisibles». Rechercher les articles de broderie mis au rebut dans les boutiques d’occasion et les ventes de bric à brac. Rendre le travail concret invisible en n’exposant que le revers du travail de couture de pièces de broderie trouvées ou que j’ai moi même réalisées. Utiliser les techniques de « moirage » pour rendre floues les distinctions entre la face et le dos. Dans tous ces projets, la division entre le visible et l’« invisible » est laissée délibérément vague. Chaque œuvre correspond à une tentative ou à une stratégie différente.

Il ne s’agit pas de la division entre l’artisanat et l’art en lui même, mais plutôt de l’effet qu’ont ces subversions au sein même de la pratique culturelle du lieu d’exposition, et, qui plus est, de la façon dont les visiteurs interagiront avec l’œuvre par les multiples voies qu’offre l’expérience contemporaine.

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