Exil : voyage au centre de la terre

Exile

Artiste : Yanick Sasseville

Du 19 mai au 28 juillet 2016

Vernissage le jeudi 19 mai dès 17 h

Dans la Galerie du CCFM, gratuit

 

EXIL : VOYAGE AU CENTRE DE LA TERRE

Installation (origami + Photographie)

Concernant son œuvre « La trahison des images » : « La pipe sur la toile est l’image d’une pipe et non un vrai objet qu’on pourrait toucher. » — René Magritte

Exil, au départ, exprimait le besoin de s’échapper, de fuir quelque chose de façon permanente ou temporaire. S’échapper, parfois de façon volontaire, parfois pas. L’exposition se voulait l’histoire des millions de personnes forcées de se déraciner pour survivre. Des gens choisissent parfois de changer de pays pour avoir un avenir, parfois pour que celui-ci soit meilleur. À une époque où la réalité n’est plus seulement déterminée par la personne qui la vit, mais est aussi le résultat du média qui la transmet, choisir quelle version de la réalité croire est une tâche d’autant plus délicate.

Ici le projet est devenu un questionnement plus personnel : il est naturel pour tous de se remettre en question et de vouloir trouver de nouveaux territoires où prendre racine et ainsi d’évoluer en tant qu’être humain. Parallèlement à Exil : Voyage au centre de la terre articule les mêmes thèmes tout en incorporant ceux de notre impact sur notre environnement, notre legs aux générations futures et bien sûr, un thème récurrent dans ce corpus : notre propre mortalité.

L’installation Vérité trompeuse s’articule autour d’une œuvre monumentale; elle est composée d’une volée de grues en origami qui traverse la Galerie pour s’échapper par une «fenêtre» placée au mur adjacent, dans le but d’atteindre cet Eden inaccessible en s’échouant les uns après les autres contre l’œuvre, qui n’est qu’une représentation de la nature.

La migration peut s’apparenter à un grand mouvement de vague qui accentue l’impression de pulsion et qui maximise la perception du pouvoir d’attraction de la nature sur les oiseaux.

Matière éphémère, le choix du papier nous ramène à la fragilité de notre propre existence; notre mortalité. L’utilisation de grues fabriquées en papier est une évocation de la naïveté, de la candeur et de l’innocence.

 

BIOGRAPHIE : YANICK SASSEVILLE

Artiste multidisciplinaire, né à Montréal en 1977, Yanick Sasseville s’intéresse aux arts visuels depuis son tout jeune âge.

Ses études lui ont permis d’expérimenter avec différents média et médiums, de créer avec zèle multitude de croquis et d’œuvres au crayon de plomb et à l’encre. Son goût pour l’expérimentation l’a amené à se spécialiser en design graphique. Après la fin de ses études en 1996, il se remet à la peinture, travaillant avec l’huile, son médium de choix à l’époque.

En 2004, alors qu’il côtoie l’artiste-plasticien Marc Lincourt, Yanick Sasseville prend conscience des limites qu’impose l’art figuratif à son expression artistique et expérimente alors d’autres formes d’art.

Il a participé à plusieurs expositions, en groupe et en solo. Il a aussi réalisé plusieurs projets dans le domaine publicitaire et des arts de la scène.

Il est récipiendaire de plusieurs prix et bourses, dont la médaille de vermeil au Salon d’Automne International des beaux-arts de Montréal en 2000. On retrouve ses œuvres dans plusieurs collections corporatives et privées au Canada, aux États-Unis et en Europe, dont au Musée d’art contemporain de Caserta en Italie.

 

DÉMARCHE ARTISTIQUE

Collectionneur, artiste : j’accumule, j’archive, je m’approprie, je fais, je corrige, je transforme… je crée. Malgré un besoin constant de communiquer, l’idée de faire des œuvres en série ne m’intéresse point.

En partant du principe que l’art c’est avant tout de la communication, mon travail commence alors au moment où quelque chose me frappe. Que ce soit une chose vue, lue ou entendue quelque part.

Souvent, un lieu peut créer l’étincelle chez moi. Le dialogue entre les œuvres et le lieu (et même entre les œuvres elles-mêmes) joue un rôle très important pour moi. Le sens d’une œuvre peut être altéré considérablement par ce qui l’entoure. Les grands formats et l’installation sont pour moi des façons de traiter le sujet.

En investissant mes œuvres dans une mise en scène dans l’espace, je désire mettre à contribution d’autres sens que la vue. Pour moi, l’art doit confronter non pas un seul sens (la vue), mais l’ensemble de ceux-ci.

Mon travail est en constante permutation, je vois mes œuvres comme une entité organique. Ainsi je ne travaille pas par périodes différentes. Je préconise la méthode d’assimilation, de notions ou d’éléments. Le chemin de la création est plus important pour moi que la finalité d’un projet. La résolution de problèmes finit toujours par m’amener ailleurs ou plus loin que l’idée initiale.

Malgré ma maîtrise de plusieurs techniques, je ne cherche jamais à camoufler l’acte de création. Au contraire, je me plais à dévoiler ou à laisser transparaître l’intervention de l’artiste, poussant peut-être le spectateur à faire le chemin inverse et remonter jusqu’à la source de la création.

Au fil des ans, je me réapproprie mes propres œuvres en les altérant ou les réactualisant. De par mon travail, je cherche à créer des poésies ou mélodies picturales, en créant consciemment ou non rythme, variantes et incorporant des fragments de textes à même la surface des œuvres. J’aime confronter le spectateur. Je tente d’amener un questionnement face à nos croyances et valeurs sans pour autant en être le juge.

 

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