Les nuances de bleus d’Herménégilde Chiasson

Les travaux d’Herménégilde Chiasson ne se comptent plus. L’artiste originaire de la péninsule acadienne et aux multiples talents vaque, depuis toujours, entre deux mondes : le visuel et l’écriture. Fidèle ami des Franco-Manitobains, Herménégilde Chiasson rend une nouvelle visite aux prairies. Dramaturge, peintre, auteur, poète, photographe ou bien réalisateur, c’est aujourd’hui avec le chapeau de dessinateur qu’il expose au Centre culturel franco-manitobain une série de cinq œuvres, nommée Transparences.

Transparences, c’est le reflet du procédé technique utilisé par l’artiste, qui ont œuvré entre l’ordinateur et les coups de crayon. « C’est une espèce de jeu entre l’intervention informatique et la manière de dessiner. Je pars d’une photo, que je travaille sur ordinateur, puis je travaille le dessin. J’aplatis les images et j’allie couche avec couche. »

Un dessin, puis un autre, puis un autre par-dessus. Toutes ces couches sont surtout marquées par la couleur, une couleur marquante pour l’artiste acadien. « J’ai toujours été sensible à la couleur, en particulier à la couleur bleu outremer. C’est le bleu avec lequel on fait la mer, mais aussi le ciel, en y ajoutant un peu de blanc. C’est un bleu qui m’inspire beaucoup. »

Après de longues études, touchant à presque tous les arts, Herménégilde Chiasson a fait beaucoup de peinture. Sa spécialité et marque de commerce est surement les estampes, l’alliance d’images reproduites. Encore une fois, cela correspond à sa technique de dessin pour Transparences.

« On a une tentation de dessiner quand on devrait écrire et d’écrire quand on devrait dessiner. » C’est un peu le résumé de la vie d’Herménégilde Chiasson. Il y a deux ans, il a commencé cette série de dessins, afin de satisfaire son envie de création visuelle. Selon l’artiste, il y a quelque chose d’artisanal dans l’art visuel, contrairement à l’écriture. C’est physique, intellectuel et émotif à la fois.

« C’est un peu particulier, parce que le dessin est habituellement une œuvre préliminaire, une esquisse avant d’entreprendre quelque chose de plus grand. J’ai toujours eu un intérêt pour le dessin. Il y a derrière quelque chose de poétique. »

Transparences, c’est pour l’artiste une exploration du dessin, voire une réconciliation avec ce qu’il a déjà pu réaliser auparavant. « Cela touche à une pratique familière, car ces dessins sont sur papier, le même outil que j’utilise pour écrire. Ces dessins sont temporaires, fragiles, et vont éventuellement s’autodétruire, à cause de leur support. Comme toute chose de la vie, elles ont un début et puis une fin. »

Herménégilde Chiasson, Transparences, jusqu’au 18 mai à la galerie du CCFM.