Changements climatiques

changements climatiques

Artiste : Mathieu Gotti
Vernissage le jeudi 24 novembre dès 17 h

Du 24 novembre au 20 janvier 2017
Dans la Galerie du CCFM

 

Description du projet

Changements climatiques s’appuie sur l’expertise développée avec le projet Fonderie polaire, réalisé en 2015 lors d’une résidence au centre Vrille art actuel, à La Pocatière, et Fragment d’histoire, projet de recherche réalisé au printemps 2015 grâce à une bourse de création et de production du programme Première Ovation. Grâce à ces deux projets, la démarche de l’artiste a grandement évolué. Il possède à présent son propre atelier. Il peut donc se consacrer pleinement à sa recherche et à la création de ses œuvres.

La sculpture comme une action publique et populaire.

Changements climatiques prend la forme d’une série d’animaux interagissant avec des éléments propres à l’univers humain, le tout sculpté en bois.

Ce projet peut se percevoir sous plusieurs points : l’aspect visuel du bestiaire réfère à l’enfance, aux contes et aux fables. Dans ce nouveau corpus, les animaux se métamorphosent, et ils ont parfois recours à des objets manufacturés, pour compenser la perte de leur environnement causée par l’activité industrielle. La sculpture est perçue comme un fragment de vécu. Le spectateur possède une mémoire subjective ou encore une capacité à interpréter, selon son expérience passée, les images du présent. L’objet, au-delà de son usage immédiat, devient, au travers du temps, un véhicule de mémoire. Ainsi, avec un fragment d’une histoire où l’intérêt est porté sur l’objet du quotidien, le travail de l’artiste se porte maintenant sur un bestiaire fabuleux. Les animaux sont ancrés dans notre imaginaire parce qu’ils réfèrent à notre enfance, par l’univers du conte et des fables. Mais, ils sont aussi des symboles de notre modernité, comme le rat de laboratoire, et peuvent aussi devenir par culture des archétypes, comme le renard ou le loup. Ces animaux ont un pouvoir subjectif, mais dans ce projet, ils sont avant tout accessibles et ludiques par leurs couleurs ou leurs aspects conviviaux.

Pour ajouter à cet aspect populaire, toutes les étapes du projet sont documentées par des vidéos et des photographies diffusées via Facebook et son compte Instagram @mathieu_gotti.

 

Démarche artistique, résumé de la philosophie sous-jacente

Mes projets interrogent la mémoire territoriale et sociale. Alors, ma pratique est principalement motivée par une recherche contextuelle, dans le but de créer un lien entre l’œuvre, le lieu et le public. Ces trois éléments rassemblés conduisent le spectateur à vivre une expérience sculpturale poétique, l’amenant à se questionner sur l’instantanéité et la durée. Mes sculptures ont un impact social et naturel par les couleurs, les formes ou encore les contextes qu’elles intègrent.

Ma recherche artistique porte sur la notion de mémoire humaine comme empreinte naturelle. Je la considère également sous son aspect dualistique, à la fois sélectif et destructif, car nous sélectionnons les données que nous mémorisons, et, avec le temps, nous oublions certains détails consciemment ou inconsciemment.

Mes projets sont toujours faits à la main par des méthodes à la fois traditionnelles et expérimentales. Ils sont liés à une volonté de réappropriation des procédés de fabrication. L’aspect instinctif du patenteux et son savoir-faire autoproclamé sont un point de départ dans ma pratique. Les matériaux utilisés et leurs transformations créent un aspect unique. Réaliser des sculptures par taille directe, en bois au XXIe siècle, permet de créer un contraste avec notre époque. Ma recherche formelle s’articule autour de l’opposition entre la facture ancienne et la finition industrielle. Les matériaux rustiques ou de seconde main, sculptés ou assemblés par des méthodes traditionnelles possèdent une aptitude à créer un lien avec le spectateur. Ils appellent donc à la mémoire subjective, créant parfois un sentiment de nostalgie. Par opposition, les surfaces au fini industriel, peintes et monochromes, sont propres à l’univers technique et les œuvres sont alors contemporaines.

Mes propositions sont le plus souvent pensées et réalisées pour répondre au contexte des lieux que ce soit à l’échelle sculpturale ou architecturale. Elles sont bien souvent conçues pour leur aspect convivial et accessible pour le plus grand nombre.

Biographie

 Originaire de France, Mathieu Gotti a étudié en Art Visuel à l’École des Beaux-arts de Saint-Étienne. Cette formation est suivie d’une pratique en Europe ponctuée de projets de sculpture in-situ et d’expérimentations en vidéo et photo. En 2006, il décide de venir vivre au Québec. Il entreprend alors des études en métier d’art, spécialité sculpture. Il est diplômé en 2009.

Après ces études, il poursuit une pratique en sculpture. Adepte des projets collectifs, il participe à la fondation de nombreux regroupements d’artistes ; le collectif à gogo (2008 à 2010), le collectif M et M (2010 à 2015), le collectif 3M (2012 à 2015). Ces projets en équipe lui permettent de rencontrer un public très large et de développer un intérêt pour l’interactivité et la médiation culturelle. Ils lui permettent aussi de renouer avec la vidéo et la photographie. En parallèle, Mathieu Gotti réalise en solo des projets en sculpture. Il a pu s’illustrer lors de ces projets : le Zoo du petit Champlain en 2010, Compression Boréal en 2010, Compressions et mémoires en 2012. Sa pratique est récompensée par le prix millionnaire en folie en 2013, programme de soutien à la production remis par l’Œil de Poisson, Centre de diffusion et de production en art actuel au Québec.

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